24 Hour Party People ! GO AHEAD ! témoignage de Nina Kardec sur l’avant Techno Parade

11 juillet 2013

La première fois que j’ai entendu de la musique électronique fut en 1978 avec le tubesque « I FEEL LOVE » de Goergio Moroder avec Donna Summer. Une musique Disco mutante complètement différente de ce que l’on entend à cette époque à la radio. Pas de fioritures ni de synthé et voix « cheesy », mais quelque chose de complètement sensuel et rythmique. L’ancêtre de l’électro naissait. J’entendrai KRAFTWERK un peu plus tard début 1980, et là, ce sera une très grosse claque musicale.

Début 90, nous sommes en week-end à Londres chez un ami anglais. Nous sommes dans un club de la capitale. A cette époque le rock industriel règne en maître. Nous entendons de l’indus mais aussi une musique différente et beaucoup plus dansante : de la house. Mes oreilles se tendent vers ce rythme inconnu jusqu’alors. Les gens ont tous le sourire et ne boivent que de l’eau, je me dis naïvement que les Londoniens sont beaucoup plus funs et sains que les Parisiens … Inutile de vous en donner la raison … Je suis une habituée à cette époque de Club Rock de la capitale : Gibus, Locomotive, un peu le Rex. J’ai entendu une fois ce style de musique à la Loco lorsque Laurent Garnier y jouait. J’avais adoré. Je l’entendrai aussi au concert du groupe new-yorkais DEELIGHT avec NTM en première partie. Curieux mélange mais excitant.

En lisant le NME ou le MELODY MAKERS, nous comprenons que quelque chose bouge dans le milieu de la musique. Nous lisons les premiers articles concernant la House Music et les RAVE PARTY, nous sommes en pleine période Madchester. A cette époque je tombe sur une radio qui diffuse cette musique nouvelle : Radio Maxximum. Nous entendons parler d’une RAVE qui sera organisée au Fort de Champigny.

Arrivés sur les lieux, très très grosse claque avec des danseurs perchés sur des échafaudages, au son de la House ou Acid House, Transe et Techno. Des lumières comme des friandises hallucinogènes nous enveloppent et les rythmes nous décollent les pieds du sol, explosion des sens, une grande fête où les gens sont souriants, chaleureux et insouciants.

Milieu 90, période Manga et sortie entre copine dans les Clubs Parisiens. Je me tourne définitivement vers les musiques électroniques dansantes et commence à entendre de la TECHNO. L’esprit underground de cette musique me parle. Nous allons dorénavant dans les RAVE PARTY et dansons jusqu’au petit matin, le sourire jusqu’aux oreilles, épuisés mais heureux.

J’écoute une autre radio qui s’appelle FG (Fréquence Gay) et c’est par le biais de cette radio que nous sommes informés des Raves Party. A cette époque je suis graphiste avec un style très Manga. Un client me dit que Radio FG veut changer son logo et serait intéressée par mon style. Je prends rendez-vous et rencontre le RP (relation public), qui deviendra un pote. Nous sommes en juin 1997 et quelque chose de révolutionnaire se prépare …

Les RAVES et la TECHNO sont diabolisées par les médias, les interdictions de faire la fête sont légions. La moutarde monte au nez des organisateurs, des raveurs, du public. Je passe de temps en temps à Radio FG pour m’informer de bons plans de fêtes, j’ y croise la mythique Dj SexToy dans les couloirs, et mon pote me dit que son patron Henri Maurel va bientôt faire une chose qui ne s’est encore jamais faite à Paris. Une TECHNO PARADE !!!

– « Contacte tous tes potes ! Mi-septembre on va tous faire la fête dans les rues de Paris au son de la TECHNO ! »

Ni une ni deux, je contacte mon réseau de fêtards ! Mon pote m’explique les motifs de cette parade et leur combat pacifiste et musical nous fait bondir de joie ! Nous avons tous rendez-vous dans la rue Keller en face du centre Gay & Lesbien en début d’après-midi. Nous voyons des chars équipés de sono qui diffusent de la House, de la Transe, de la Techno, du Gabber et nous gambadons gaiement autour d’eux avant le feu vert qui démarrera la marche dansante. Cette journée est belle et ensoleillée ; nous sommes armés de sac à dos avec bouteilles d’eau, serpentins et cotillons … Mes cheveux roses fluo volent au vent et un large sourire se lit sur tous les visages. Top départ !

Nous nous dirigeons vers la rue de Rivoli pour passer sous les fenêtres de la radio en dansant et hurlant de joie ; la fin du parcourt sera l’île au cygne. Nous ne sommes pas nombreux, pas plus de 400, pas plus de 4 chars, mais nous sommes une armée de furieux danseurs sympathiques et pacifistes. Nous invitons les passants à se joindre à nous ; ils sont étonnés mais ne sont pas hostiles et certains se joignent à nous en dansant. Le soleil tape fort ce jour là, et un de nos potes, qui fait son coming out, a beaucoup trop bu et s’écroule sur le bitume. Nous le soutenons et nous nous occupons de lui et laissons passer le cortège qui fonce toujours tout droit ! Hélas, fin du parcourt pour nous …

Les quelques potes qui sont restés jusqu’au bout nous informent que la fête a duré sur les quais dans la bonne humeur. Nous nous sommes tous dit, que si cet événement se reproduit, nous serons TOUS de retour sur le bitume parisien.

 

1998. 15 Septembre. Naissance de la première TECHNO PARADE.

Nous sommes de retour et constatons avec enthousiasme, que nous ne sommes plus 400 mais … 200 000 ! Et TECHNOPOL se chargera du reste de l’Histoire de la TECHNO PARADE et des acteurs de la scène électronique.

 

 

Vidéos illustrant l’article :

1987. Racine du mouvement RAVE Période MadchesterHAPPY MONDAYS :

“24 Hour Party People” 

 

 

1997. Hymne Techno-House de l’été : LUSTRAL

“ Everytime “

 

 

Témoignage de NINA KARDEC.

 

*droit devant !