Techno Parade 1998

Débutons l’aventure en 1998. Comme toutes choses de ce monde, il faut un commencement, une initiation. Imaginer une love parade à Paris, un défi dinguo en béton armé, franchement féroce dont le but primaire était d’édifier une grande messe Techno comme les allemands pouvaient l’avoir avec la Love Parade. Pour la Techno Parade, le 19 septembre 1998 est ce jour sacro-saint qui déboule à grand coup de basses dans les rue de Paris. Sous une forme festive, cette manifestation revendicative a permis, en complément des actions de l’association Technopol, de mieux faire accepter et comprendre les musiques électroniques auprès des médias, du grand public et des institutions qui ont salué cette première édition comme l’arrivée d’un pacha électronique dans la planète techno.

Gratuite. Revendicative. La réussite bien huilée de cette manifestation oecumeniquement hétéroclite a facilité le dialogue avec des pouvoirs publics et des institutions parfois trop frileuses : On se souviendra de la suppression de la circulaire de 1995 « Les raves parties, une situation à hauts risques », et l’élaboration de la circulaire sur « Les manifestations rave et techno » du 24 décembre 1998. Une année presque chimérique, ou le rêve prenait une forme oniriquement palpable. Un  objectif gorgé d’ambition et lubrifié à la passion de ses instigateurs, celui de soutenir l’expression de la culture techno en France. Une portée militante voulue à travers la mobilisation et la démocratisation, la Techno Parade avait pour fondement de dé-diaboliser la musique Techno, longtemps considérée comme celle du Diable (« Satan, sors de cette bass s’il te plait ! »). Effusions de joie, cracheurs de feu, charmeur de serpent, Fakir neurasthénique et autres tapis rouge sataniques devaient participer à la claque musicale annoncée. Comme un enfant se délectant d’un happy meal, pour les fans, cette première édition avaient de quoi demander la naturalisation berlinoise. Ce festin sonore asperga nos faciès d’ondes analogiques de 17h30 à 23h à ciel ouvert, Place de la Nation. Un panier d’artistes alléchant dont l’armature en adamantium, était assuré entre autre par Laurent Garnier, Carl Cox, Jeff Mills, Jack de Marseille, Manu le Malin, Freon, Kojak et DJ Bertrand. Une sacrée fête malheureusement gâchée sur la fin par une misérable bande de voyous…

De facto, voila une première édition en grand pompe, comptant pas moins de 200 000 participants réunis dans les rues de Paris. Pour se faire, M6 rediffusait la Parade en direct pour inonder nos naifs esprits d’une musique trop longtemps stigmatisé.

 

DJs-1998

 

Cette première Techno Parade fut également l’occasion de mettre en place les rendez-vous électroniques. L’optique de ces évènements est d’initier et coordonner des projets musicaux et arts électroniques en les impulsant, les recensant, les regroupant et les démocratisant. L’aventure était en marche, l’histoire en train de s’écrire. Retrouvez ici le DJ set de Laurent Garnier lors de cette première Techno Parade.

Bilan de la première édition :

200 000 participants dans les rues de Paris
1.300 000 téléspectateurs en moyenne pendant les 4 directs du « fil rouge » sur M6
600 000 téléspectateurs (22%) à 0h30 pour la retransmission de la fête d’arrivée
800 articles dans la presse écrite nationale et internationale
30 000 compilations et singles vendus
5,7 kilomètres de parcours
30 chars venue de toute la France
200 DJs
11 mois de préparation
120 bénévoles

Ils ont joué à la Techno Parade cette année : Carl Cox, Manu le Malin, Laurent Garnier, Jeff Mills…

Photo à la une : performance d’Antonio Gallego organisé par François Mitaine via Radio FG, qui était membre du conseil d’administration de Technopol. Cette performance se voulait républicaine, Antonio Gallego a lancé 150 000 tracts Bleu-blanc-rouge depuis la colonne de juillet. Des masques blancs étaient diffusés autour du char de la radio pour que les participants soient à égalité.