Interview de DJ Sergueï, artiste multifacettes : 15 ans de Techno Parade

16 août 2013

Platiniste de Hardcore Techno et artiste peintre-toilier-graphiste, DJ Sergueï vient nous parler de son expérience à la Techno Parade. Un regard fort et sans vergogne sur la musique électronique d’hier et d’aujourd’hui.

Le Premier - Photo par Regis Grman

Le Premier – Photo par Regis Grman

Que signifie la Techno Parade pour vous ? A quoi sert-elle ?

Tout d’abord, elle incarne le tribalisme urbain. Puis dans un second temps, elle se positionne comme l’expression du langage corporel en toute liberté.

Présent à la première Techno Parade et à d’autres, DJ aux rendez-vous électroniques, pouvez-vous nous rappeler votre meilleure expérience ? Un fait qui vous a marqué ?

Ma première expérience, sans aucun doute restera la parade 98, l’inconnu, la ferveur, l’enthousiasme, l’énergie qu’elle avait suscitée était incroyable. La joie et les sourires des gens m’avait marqués, n’oublions pas que peu de temps auparavant l’équipe de France devenait championne du monde et le dynamisme qu’elle avait engendrée s’était ressenti pendant la parade. C’était grandiose. 1998 restera un très grand cru.

Ma deuxième expérience fut en 2002, quand j’ai fait un showcase hardcore dans le cadre des Rendez-Vous électroniques un samedi après-midi devant le Centre Pompidou (place Beaubourg). Le hardcore étant une musique destinée à un public averti, j’avais trouvé le défi osé, drôle et décalé. Voir des parisiens, des touristes néophytes se mélangent aux technoïdes, c’était improbable, j’aime l’audace et le partage.

Selon vous, quel est l’esprit initial de la parade ? Dans quel sens la Techno Parade a évolué depuis 1998 ?

Un esprit de partage, de liberté et de rassemblement autour d’une seule et même passion, celle de la musique et de la danse.

Elle a évolué vers un aspect grand public, je trouve qu’elle est devenue moins représentative du mouvement, le droit de participation est devenue inaccessible pour le mouvement alternatif qui existe aussi… Il faut de tout pour faire un monde.

Si vous deviez faire un char, que feriez-vous ?

Je prendrai un carrosse que je customiserai, le tout tiré par des chevaux. Ceci dit, je ne pense pas que ça soit un cadre idéal pour les animaux. Dommage.

Pour vous, où en est la musique électronique en 2013 par rapport à 1998 ?

Pour ma part, je parlerai de l’aspect musical, de nos jours la musique électronique à moins d’âme, elle est devenue plus technique, robotique, à croire que le travail à la chaîne s’est exporté sur les dancefloors. Néanmoins, elle ne reste pas inintéressante. Je trouve qu’aujourd’hui elle fait plus jumper, que danser.

Pouvez-vous nous dire votre actualité et vos projets ?

En plus d’être DJ platiniste, je l’assume, je suis également artiste peintre-toilier-graphiste. Pour les curieux, j’ai un site (www.bamock.fr). Je suis en pleine création pour une prochaine expo. Du côté musical, je prépare une prochaine soirée sous le nom de core’s spirit06 et je compose, en espérant sortir un EP.

Quel est votre « track » préféré du moment ?

Mon track préféré du moment n’est ni hardcore ni électro mais plutôt un album d’un rappeur français qu’un ami m’a fait découvrir. Il se nomme NONSTOP. Son album « road movie en béquilles » est intéressant et sonne électro.

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Site web : www.bamock.fr

Interview réalisée par Alban Saint-Joigny.