Interview: Driss Hadra, co-fondateur du Hadra Trance Festival

Membre du conseil d’administration de Technopol, co-fondateur du Hadra Trance Festival et DJ Trance reconnu, Driss vient nous toucher quelques mots sur la Techno Parade et le Hadra. Ca tombe bien, les festivités Trance commencent ce soir !

Pour commencer, que signifie la Techno Parade pour vous? 

Danser aux rythmes de la culture électro dans les rues de la capitale, c’est vraiment du pur bonheur, surtout de voir les papis et mamies bouger leur body !!!

C’est un rassemblement populaire et festif qui permet reconnaissance et promotion de tous les styles de musique électronique. Il s’agit également d’un temps fort médiatique : une occasion d’interpeller les politiques et de revendiquer le droit d’organiser des évènements en toute légalité tout en  tenant compte des valeurs et des codes de ce type de manifestation, (par exemple la fermeture tardive car ce n’est pas un simple concert qui se termine a 1h du matin)

Char Trance emblématique de la Techno Parade, pouvez-vous nous rappeler votre expérience ? 

Oula, ça remonte à 2006, Hadra faisait partie d’un collectif avec Pyms et Willy et d’autres pour l’organisation du char psytrance, on avait décoré le char et j’ai joué en back to back avec un autre dj du label Inner-G.  C’était vraiment une excellente expérience de jouer dans de telles conditions. J’avais également joué en 2002 ou 2003 et c’était Olivier Abitbol qui m’avait booké.  J’ai donc eu le privilège de jouer 2 fois à la Techno Parade

Y-a-t’il une anecdote qui vous a particulièrement marqué en 15 ans de Techno Parade ? 

Oui, j’ai posé mon sac à dos sur un groupe électrogène et il a pris feu, heureusement mes disques sont restés intactes mais j’ai passé un sale quart d’heure.

Selon vous, quel est l’esprit initial de la parade ? Dans quel sens la Techno Parade a évolué depuis 1998 ?

A la base, il s’agissait d’une manifestation pour défendre  la culture électro et sensibiliser les élus aux difficultés rencontrées par les organisateurs afin d’avoir les autorisations nécessaires pour organiser des évènements électro hors clubs. Mais également la reconnaissance des djs comme musiciens à part entière etc.. Pour autant les problèmes de lieux ou organiser des soirées électro existent encore même si l’électro s’est beaucoup démocratisée.

Pour ceux qui ne connaissent pas la Trance, comment pourriez-vous nous définir ce style ?

C’est un style de musique qui est né à Goa en Inde fin des années 80, pour le reste il faut découvrir cet univers en participant à une soirée avec les décors et tous ce qui a autour pour se faire un véritable avis.

Où en est la musique électronique en 2013 par rapport à 1998 ? Quelle place occupe la Trance dans cette évolution ?

Aujourd’hui la musique électronique est présente partout: medias, pubs, radio, télé, clubs, bars, jeux vidéos et tous les programmateurs de festivals ou de salles musiques actuels consacrent une bonne partie de leur programmation à cette esthétique musicale. Bien entendu cela va de paire avec l’éclosion de nombreux artistes electro qui jouissent d’une certaine notoriété et qui font le bonheur de leur fans du monde entier, l’exemple du dj David Guetta qui devenue une star mondiale alignant les disques d’or et se produisant régulièrement devant des milliers de personnes tous les soirs..

Paradoxalement, il est toujours de plus en plus difficile d’organiser des évènements électro hors club ou certaines salles qui veulent bien jouer le jeu de finir plus tard que d’habitude. Obtenir les autorisations pour organiser un évènement en plein air relève du parcours d’un combattant. Nous ne pouvons plus comme autrefois, organiser des évènements dans des endroits insolites, orignaux car les conditions d’accueil du public sont très réglementées. Le phénomène des free-parties a perdu de son souffle avec l’amendement Mariani. Beaucoup de collectifs ont vu leur matériel confisqué par les forces de l’ordre.

Pour résumer la situation actuelle, la scène électronique d’un point de vue artistique et démocratisation se porte bien mais nous assistons de plus en plus à une standardisation des évènements car les lieux ne surprennent plus et font moins rêver les gens.

Concernant la Trance, elle n’échappe bien évidemment pas au contexte général puisque la plupart des promoteurs cherchent la facilité en organisant des évènements dans des lieux qui accueillent déjà des soirées électro. Au niveau artistique, la psytrance a beaucoup évoluée et divers sous-styles ont apparu  au point qu’on est des fois incapable de citer le style de trance qu’un artiste produit et l’augmentation du nombre d’artistes est considérable et elle est facilitée par les outils informatique grâce a des logiciels de plus en plus accessible et facile d’utilisation.  Au niveau public, la France est le pays le plus représenté dans tous les gros évènements psytrance dans le monde. Il y’a en France également une croissance du nombre d’organisateurs et dans la plupart des grandes villes. Par contre, cette esthétique intéresse moins les medias et les programmateurs de musiques actuelles.

Il y’a, je crois, une méconnaissance artistique de ce mouvement car il a beaucoup évolué ces dernières années et les organisateurs d’évènements Electro et medias spécialisés ne se sont pas penché sur ce qui se faisait de nouveau, ils sont restés scotchés aux années 1995 avec Hallucinogen etc… Je pense aussi que ces organisateurs ont une crainte quant au public drainé et qu’ils se trompent royalement la dessus !

J’aimerai leur envoyer notre enquête de satisfaction pour qu’ils puissent juger par eux-mêmes que c’est un mouvement où se côtoient tous les milieux sociaux ! Le public lui-même est le premier à ne pas comprendre  pourquoi la psytrance n’est pas présente dans les gros festivals électro, censés balayer tous les styles. Même les mouvements underground de jadis comme le hardcore, la hardtek ou la tribe sont representés par sound conspiracy par exemple. Prenez aussi le Glade festival en Angleterre, la psytrance possède son propre floor ! Je reste persuadé  que les choses changeront lorsqu’on découvrira toutes les richesses artistiques de notre mouvement !

Il faut également que les medias et journalistes français jouent leur rôle en essayant de s’intéresser de près a ce mouvement en écoutant les dernières sorties et en se déplaçant dans les évènements. Je voudrais d’ailleurs souligner ici le travail de Trax et du journaliste Laurent Catala, qui offrent  une tribune à la Trance.

Quel est actuellement votre artiste Trance préféré ?

PSYSEX incontestablement

Organisateur du Hadra Trance Festival, plus gros festival Trance de France prévu cette année du 22 au 25 aout 2013, avez-vous des surprises pour cette 7e édition ?

Toujours comme chaque année,

– La première est la plus importante relève sur l’amélioration de la qualité d’accueil du public en offrant plusieurs espaces chauffés et couverts afin d’abrité les festivaliers.
– La programmation artistique orientée plus cette année vers les talents sud africains qui vont enflammer nos montagnes du Vercors.
– L’implantation de la scène alternative a changé afin de mieux valoriser les différents courants musicaux représentés que nous défendons et qui sont complémentaires à la scène principale.

Après je ne vais pas dévoiler toutes les surprises, le reste à découvrir sur place

Sinon, avez-vous d’autres projets post-Hadra Trance Festival ?

Le projet du Hadra Trance festival est la vitrine de toutes les actions menées durant l’année dans le cadre d’accompagnement d’artistes: formations, labels et diffusion.

Voici nos prochains évènements :

20 Septembre : Conférence et découverte d’une soirée psytrance dans le cadre de la Paris Electronic Week » au Glazart.
19 octobre : organisation d’un évènement psytrance dans le cadre du festival Rocktambule à Pont de Claix (Agglo grenobloise).
– 30 Novembre : Hadra Party à Tokyo.
– 18 Janvier 2014 : Soirée Twisted au Dock des Sud à Marseille organisée par Hadra et Transubltil.
Hiver 2014 : organisation de 3 soirées Hadra à Goa.

Retrouvez DJ Driss Hadra sur son Facebook

Interview réalisée par Alban Saint-Joigny.