Interview: Freon, 15 ans après l’hymne fondateur de la Techno Parade.

Producteur de l’hymne officiel de la première techno parade « Move », DJ de la première heure, Il revient nous parler 15 ans après de son expérience et de son évolution.

Pour commencer, en tant que compositeur de l’hymne de la première Techno Parade en 1998 que signifie la Techno Parade pour vous ?

Une chance inespérée : la désanctuarisation d’une culture stigmatisée et bien souvent diabolisée. De par cet événement, la France s’est alignée sur les quelques pays qui avaient comme l’Allemagne, depuis longtemps inscrit la musique électronique comme partie intégrante de leur patrimoine culturel. La musique électronique et ses si nombreuses branches – dont la techno – ont pu voir grâce à la Techno Parade, des médias officiels et majeurs se pencher sur ce phénomène mondial (M6 ou plus tard MCM). En France, des radios autres que la seule qui lui était dédiée, FG, ont commencé à diffuser ce qui n’était considéré jusqu’alors que comme de la musique underground, comme une énième «sous-culture».

Un mot reviendra néanmoins sur toutes le lèvres des spectateurs de la première heure : «commercial». En effet, la Techno Parade, en marquant l’avènement de la Techno aux oreilles du grand public a aussi et malgré elle, décrété la fin de sa confidentialité et de son intégrité. D’underground elle est devenue mainstream, voire «Dance». Parallèlement, c’est presque exactement à la même époque que les raves, manifestation physique de ce qu’était la techno – se sont tues, à jamais. Pour ne revivre qu’une fois par an, grâce à la Techno Parade.

Pouvez-vous nous rappeler quel rôle vous avez eu dans la parade depuis 1998 hormis la composition du premier hymne ? En gardez-vous une bonne ou mauvaise expérience ?

En toute franchise, j’aurais espéré avoir un rôle plus régulier ou prépondérant au sein de la Techno Parade. Ayant participé de très près à la première en créant l’Hymne et en jouant devant près de 200 000 spectateurs sur la Place de la Nation, j’imaginais à tort faire partie d’une «famille» qui s’agrandirait d’années en années. A contrario, il s’est agi d’un «club» dont les membres ont tourné, se remplaçant d’année en année. Mis à part un second morceau placé sur la compilation de la 2ème édition – «Barrio Beats», je n’ai ni produit ni joué pour les suivantes.

Selon vous, quel est l’esprit initial de la parade ? Comment la Techno Parade a-t-elle évolué depuis 1998 ?

Une immense communion d’initiés qui ouvrent et offrent leur Culture au grand public, au grand jour. Une véritable fête de la Musique dédiée au dernier grand courant musical du 20è siècle, et au premier du 21è. Aujourd’hui, c’est (aussi) un événement éminemment commercial, plateforme de propagande des grandes radios, NRJ, FG et consort – et une grande fête populaire, une institution.

Où en est la musique électronique en 2013 par rapport à 1998 ?

Elle est incontournable, universelle.

Pouvez-vous nous parler de votre activité du moment et de vos projets ?

Je dirige Ever magazine que j’ai lancé il y a 5 ans. Parallèlement, je compose régulièrement des morceaux et des illustrations sonores à tendance épique, pour habiller des œuvres collaboratives au sein d’ever.

J’ai mis sur pause la production à vocation commerciale, en attendant l’émergence d’une structure qui me conviendrait. Il semblerait que «La Source», nouvelle boutique parisienne de vinyls, productrice d’événementiels et prochainement de disques, puisse être celle-ci.

Pour finir, quels sont vos « tracks », artistes préférés du moment ? 

Le titre ENTROPY of DUALITY, par moi même et Nero, comme artiste.

Pour plus d’informations, retrouvez Freon sur son site internet et sa page Facebook.

Interview réalisée par Alban Saint-Joigny.