Interview: Patrick Daumont pour les 15 ans de la Techno Parade

Patrick Daumont alias DaDA, Designer Architecte d’intérieur et parallèlement dans l’univers de la musique dès 1977, époque punk, et Dj depuis 1996, organisateur des Dada Party depuis 2005 et président du label Lab-Sus/Dada Records… Adhérant et membre du CA Technopol depuis 2011…

Pour commencer, que signifie la Techno Parade pour vous? 

Si je mets de coté l’essence de cet évènement revendicatif de la genèse, il est un des moments les plus festifs sur la capitale (avec la fête de la musique qui pour moi n’a plus beaucoup de sens…). Il est une réponse à certains carnavals gigantesques comme on peut les voir et vivre dans certains pays. Un énorme moment de fête, de partage et d’échange et de communion dont la colonne vertébrale reste la musique électronique…

Pouvez-vous nous rappeler votre rôle, votre implication dans la parade et le rapport entre votre activité et celle-ci ? 

Je suis la Techno Parade depuis 1998. Au fil des années j’ai vécu son explosion, et chaque année j’ai été dans l’attente de cette journée et la frénésie du jour J. Puis sa dévolution aussi, avec un business qui s’est mis à l’emballer et occulter l’essentiel de cet évènement qui était la fête… Pendant que la Parade très controversée se débattait pour exister dans cet univers mercantile  la musique dite Techno se transformait avec les différents courants et le générique est devenu la musique électronique, plus vaste, plus variée et de moins en moins claire pour les piliers du temple.

J’ai décidé de me rapprocher de Technopol pour comprendre ce qu’il s’y passait. Et pour le faire j’ai du le vivre de l’intérieur en participant et en réalisant mon propre char avec le collectif « DadA Crew ». J’y ai programmé et fait jouer des nouveaux et très jeunes Djs (18 a 20 ans) tous venus de courant différent et émergeant ; Dubstep, Fidjet, Baltimore, Ghetto House, Bassline, Nu Disco,…

Y-a-t ‘il une anecdote qui vous a particulièrement marqué en 15 ans ? 

Ce qui me marque ! C’est difficile à sélectionner dans ma tête ! Il faudrait que je me remémore les Parades de chaque année et là ca fait beaucoup… Ce que je remarque, c’est que malgré toutes les années, tous les détracteurs en tous genres et de tous niveaux, et bien l’évènement tient la même jauge depuis quelques années et ca c’est positif.

Selon vous, quel est l’esprit initial de la parade ? 

Au départ l’esprit est politique et une aubaine pour faire exister une communion et faire la fête…

La Techno Parade a-t-elle évolué positivement ou négativement depuis 1998 ? 

Elle a évolué, puis malheureusement est resté en gestation sur ses valeurs. Mais depuis peu elle est heureusement en mutation afin d’être en phase avec un public mouvant et avide de repères…

Quel avenir espérez-vous pour la Techno Parade ? 

Que la Techno Parade soit reconnue d’utilité publique, c’est une vraie thérapie, qui soigne l’égoïsme, ha ha ! Sérieusement, j’espère et je rêve tout éveillé de pouvoir la faire prolonger dans l’espace temps et de finir sur un lieu transformé en Dance floor géant gratuit, qui finirait à l’aube. Il y aurait un Ping pong avec les stars internationales, ce qui permettrait de demander aux marques ou sponsors de financer et faire exister de très beaux chars pour l’émerveillement de tous…

J’espère surtout que la Parade permette de faire tomber le tabou entretenu par les médias ou les mauvaises augures qui associent obligatoirement musique électro à la drogue. Je ne dis pas que dans les rassemblements de musique électro il n’y a pas de consommation de « stupéfiants ». Mais il y en a pas plus que dans d’autres rassemblements de masse, que ca soit dans le domaine du rock, funk ou reggae… Il faut arrêter de se voiler la face.

Selon votre point de vue, où en est la musique électronique en 2013 par rapport à 1998 ? 

Comme tous les courants musicaux confondus précédents dont nous nous sommes nourris, la musique Electronique, aujourd’hui fait partie de notre quotidien. Nous la consommons de plein grès ou indirectement. Dans la mode, par la radio, la pub, la télé, le net, etc.… Il y a ce piège que chaque génération échafaude « génération rebelle » : se battre pour faire entendre la différence et qui au final est nivelé par les mêmes géniteurs. Je dis aujourd’hui la musique « Techno » a perdu son sens, et je dirais musique « électronique » n’a pas le même sens…

Existe-t-il un élément que vous souhaiteriez voir s’ajouter à cette Techno Parade 2013 et absent des précédentes ?

Ajouter pas vraiment, mais plutôt modifier son enseigne afin qu’elle ait plus de résonance et soit en phase avec la réalité, en plus court : faire évoluer son nom ! Par exemple conserver le mot Parade qui illustre assez bien le défilé et le festif et l’associer avec un nom autre que le mot Techno qui n’est plus le courant porteur de l’évènement pour les années a venir…

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Interview réalisée par Alban Saint-Joigny.